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Triple C….

23122011

Les faits que je m’en vais vous conter remontent à ces temps post-messsianiques, où l’hexagone tremblait sous les sermons vitriolés de l’Oncle Sam et des inquisiteurs des agences de notation….Triple C.... dans Les Pafitudes jba08821

On avait bien tenté d’expliquer au bon peuple, avec moult pédagogie, que ces crétins se plantaient une fois sur deux dans leurs sentences et que les U.S.A. continuaient à emprunter à des taux défiant toute concurrence sur tous les marchés de la planète malgré leur triple Mac, avec ketchup, coulis de framboise et harissa : rien n’y fit.

Et voilà-t-y pas que, se piquant au jeu, après avoir dégradé tout ce qui leur tombait sous la main : assurances, banques, communes, régions, villes, les maîtres-chanteurs voulurent étendre davantage leur champ d’investigation.  

Ayant confondu les séries de Bruckeimer avec un container de Budweiser, les yankees déclarèrent haut et fort :

 » Que personne ne bouge, la Gaule est une scène de crime ».

Ils lâchèrent leur venin sur les Trois Mousquetaires, ignorant que, malgré d’Artagnan, Athos, Porthos, et Aramis ne formaient qu’un trio.  VGE, immortel estampié « Président, on ne plaisante jamais avec le plaisir » sortant quelque peu larmoyant, des brumes soufrées de Vulcania,  se précipita au devant de la presse :  » Que l’on massacre ainsi notre litterature, croyez moi mes amis, ça me fait quelque chose ». 

Puis vinrent les Trois Suisses, les Trois Baudets, les Trois Glorieuses, les Trois Grâces et le dernier étage de la Tour Eiffel.

La France perdit même sa Fraternité : tjo00031 dans Les Pafitudes

« Délestée de son argent passe encore mais de sa devise, c’est de la République Low coast  !!!! » se serait écriée  Marianne, en serrant sur son sein le PDG de Standard and Poors…  

Mais que pouvions nous attendre de mieux de leur part ? Ils avaient eu raison de la Grèce, de sa culture, de sa langue et de tous ses esprits….les rudes et les doux. 

Julia Chanel et Clara Morgane perdirent elles aussi leur triple-X….et le Sofitel de la rue Saint-Denis son triple Q.

Je vous ne le répèterai jamais assez :  » Hey ! what did you expect ? «  

Pourtant les as de la correction se sentaient frustrés : la Hongrie, l’Albanie, les Fidji, tout cela c’est du menu fretin. Il nous faut, pensaient-ils une cible digne de nous.

Quelques mois plus tard le nonce apostolique à Washington reçut un mysterieux émissaire. Le prélat, prit les devants en ces termes :

- Le Saint-Siège refusera  d’apporter sa caution à Mattel tant que Barbie et Ken ne seront pas officiellement mariés selon les lois de notre Sainte-Mère l’Eglise ( à 48 km d’Omaha Beach)  

- Pardonnez-moi Votre Emminence, il y a méprise…moi je viens pour la note..Les agences vont vous dégrader….euh…pour ce qui est de Ken et Barbie, laissez tomber, ils font Pessah à Las Vegas, entre deux parties de poker.    

- Vous aller outrager la Basilique Saint-Pierre de Rome, mon fils ? Ce n’est pas serieux !

x105169391- Non je vous rassure….nous on dégrade juste la Sainte-Trinité. Désormais ce sera au nom du Père et du Fils… 

Bon, je vous l’accorde, je pousse, certes, le bouchon un peu loin. En revanche, la question que je veux poser est celle-ci : jusqu’où les laissera-t-on aller ?

Les experts me répondront que les agences ne sont que des voyants lumineux témoins d’une situation qui se dégrade : elles clignotent dans les cas d’urgence.

Mais comme je suis naif, je forme le voeu qu’un jour, quelqu’un ou quelqu’une, se lèvera pour poser un silence pesant sur leurs partitions, et que résonnent leurs derniers soupirs. 




La cophose…

10122011

 

La cophose... dans Les Pafitudes ero1x02111-125x150

L’histoire débute un jour de février 1960, à Marseille sous le préau de l’école communale de la rue des Convalescents, la bien nommée.  

Durant plusieurs semaines, je fais le siège de ma mère pour qu’elle ne me sépare pas d’un cousin, d’un mois mon ainé. Cette insistance à vouloir prendre le chemin des écoliers fut récompensée, même si mes parents ne voyaient pas trop ce que cette scolarité jugée précoce à l’époque, pouvait m’apporter vu que je savais déjà lire, écrire et compter.  

L’aventure dura l’espace d’un carnaval et me conforta dans cette première impression que l’on qualifie d’essentielle, selon laquelle les études et moi n’avions pas d’atomes crochus; il faudra tout de même attendre 1977 pour s’en convaincre de façon définitive.   

 A défaut de ramener un quelconque savoir, les deux bambins futés que nous étions firent une moisson commune en s’appropriant les oreillons. Dans un quartier rendu célèbre par l’épidémie de Peste de 1720, nous ne pouvions pas faire moins. Nous fûmes touchés l’un après l’autre et soignés de façon identique, par notre docteur de famille : papa pour l’un, tonton pour l’autre.

Quelque mois plus tard je fis mon entrée au Petit Lycée Perier, établissement où l’on gravissait les échelons de la 11ème à la 7ème.     

Il y aurait beaucoup à raconter sur cette pèriode, où les institutrices avaient l’esprit à Phocée et le coeur qui battait pour un fils à Constantine, Alger ou Oran, angoissées par ce qu’on appelait pudiquement les évènements d’Algérie.

Ce qui par ailleurs n’en dédouanait pas certaines, et notamment deux enseignantes de CM.2, coupable à mes yeux d’une attitude violente envers les enfants, qui aujourd’hui serait passible des tribunaux. La gifle avait été élevée à la hauteur d’une institution avec la complicité d’un pitoyable directeur.

C’est justement ma mère qui la première prit l’initiative de faire savoir à nombre de professeurs qu’au mieux ils se retrouveraient au commissariat de police et au pire….el là elle avait le chic pour faire comprendre que l’on connaissait « du monde » dans toutes les classes de la société. La résistance ça crée des liens. ero1x0181-150x96 dans Les Pafitudes

Mais quittons un instant la Méditerranée pour les hauteurs régénératrices du Tyrol Autrichien. Nous passons nos étés à randonner dans les montagnes et la consigne de la cordée familiale est de ne pas se perdre de vue. Régulièrement je suis pris en défaut et oublie de répondre aux injonctions paternelles. Et j’ai droit au :

- Mais tu es sourd ou quoi : tu n’entends pas quand on t’appelle ? !!!  A force de répeter la question tout un été, on décide de consulter de retour au bercail. Je vais passer un audiogramme. On m’a mis un casque sur  les oreilles et pendant de longues minutes je me demande si papa et maman n’ont pas perdu la raison. Non seulement lls se donnent en spectacle dans le cabinet d’un spécialiste, faisant des mimiques ridicules, et en plus ils ont l’air de m’en vouloir à un point tel que cela ressemble à de la haine. 

La partie est finie. On retire le casque. Et voilà que ça recommence de plus belle :

- Mais tu es sourd ou quoi : tu n’entends pas quand on t’appelle ? !!! 

- Non madame, non monsieur..il ne vous entendait pas.

Le spécialiste reprend la main. Il va lui falloir beaucoup de tact pour leur expliquer que leur fils est à moitié sourd.

- Oui mais de nos jours on opère les problèmes du tympan, interroge ma mère.

- Le tympan oui…pas le nerf auditif…votre fils a une cophose de l’oreille gauche et ça ne lui empêchera pas de réussir sa vie.

J’ai deux poissons en face de moi, deux dorades immobiles, la bouche ouverte dans un aquarium : c’est la seule image qui me reste de cette terrible journée. Pour eux la réussite a quitté ma route pour toujours.

Ilero1x0011-140x150 faudra donc apprivoiser cette oreille, s’en méfier aux passages cloutés, l’expliquer aux maîtresses incultes, aux deux ou trois psychologues que me cataloguérent comme « trisomique » et maîtriser une prouesse technologique que je ne comprends pas : la stéréo.

Il fallait aussi serrer les dents quand les adultes parlaient entre eux et que l’on entendait : » tu peux parler normalement il est sourd comme un pot »

Pour moi il n’y a qu’un monde celui de la droite et la gauche n’existe pas : pire je ne sais même pas faire la différence entre les deux directions au grand désarroi de mes moniteurs d’auto-école. Qu’à cela ne tienne je visualiserai une rue de mon enfance à La Ciotat : le côté du portail vert de la villa Thérèse c’est la droite, à gauche c’est la grande bleue !    

En 1969 mon frère, qui est officier dans les forces françaises d’ocupation en Allemagne me fait découvrir d’incroyables trente trois tours, importés d’Angleterre  : la collection  Decca « Phase 4″ stéréo. On peut y entendre la reconstitution sonore des grands batailles de l’Histoire : la guerre d ‘Indépendance US, celles de Napoléon , la guerre de sécession, 39-45 et la voix de Churchill. La cavalerie charge et le galop des chevaux passe des enceintes de droite à celle de gauche….la révélation !!! 

Le 18 décembre 1976 c’est le conseil de révision : trois jours à Tarascon. J’arrive avec mes courbes et mes graphiques sous le bras. Mon père optimiste, cherche avec l’appui d’un président du conseil général, une caserne pas trop éloignée du domicile familial. L’othorino, médecin militaire se méfie de mes documents et veut se faire une idée par lui-même : il balance toute la sauce dans l’oreille gauche; je reste impassible.

L’officier recruteur me reçoit pendant une minute :ero1x0111-150x143

- Une cophose ? C’est l’exemption assurée…au pire vous ferez la guerre dans les bureaux. 

Le jour de mon mariage quelqu’un oublia de parler plus bas…  

-  Il  en a eu de la chance finalement de se trouver une épouse aussi jolie : se marier à 40 ans quand on est gros et sourd…

- Et si ça se trouve il l’est complètement… tu sais ce qu’on dit : « Ca rend sourd »         




Le Légume

4122011

bxp279551.jpg Lorsque nous fûmes reçus, parents et bébé, en consultation de pédiatrie par l’un des médecins de l’hôpital des Diaconesses à Paris, le regard glacial et réprobateur qu’elle nous jeta ne laissait rien présager de bon.

- Savez-vous qu’avec les légumes ont peut faire des soupes et de délicieuses purées ? C’est mieux que les petits pots !

C’était à l’occasion de la visite des neuf mois et ce jour là une épée de Damoclès s’installa au dessus de nos têtes. Le praticien nous fit redécouvrir un sentiment inconsciemment camouflé : la culpabilité.

En principe votre belle-mère, parfois votre mère, excelle dans ce registre. Mais la sentence venant d’une femme dont le jugement et le diagnostic faisaient autorité, nous aurions aimé nous cacher derrière le maxi-cosi.

On ressortit le robot Kenwood et la clipso que l’on avait eu la sagesse d’inscrire sur la liste de mariage sans oublier d’acheter quelques magnifiques spécimens de liliacées (poireaux), de cucurbitacées (courgettes), d’apiacées (carottes), de solanacées ( des patates !) etc….    

C’est ainsi que le plaisir de la cuisine, que j’avais enfoui un temps pour des raisons hypocaloriques, se réveilla. ispi0390121.jpg

Le méditerranéen que je suis, se mit à jouer des saveurs du Bosphore et de l’Afrique du Nord, comme d’autres se pâment devant le son de l’aoud et de la darbouka.

Le cumin, le paprika, le raz-el-hanout, la cannelle, la coriandre, s’invitaient à ma table, donnant à ma partition des notes épicées, sans oublier de faire chanter l’aneth, la ciboulette ou le persil.

Riche des traditions familiales je célébrais les noces de la pomme de terre et de l’épinard (esfongos), de l’aubergine et de la féta.

On allait de Salonique à Constantinople, de keftés en beureks (borequitas en espagnol), de bimuelos(beignets)  en feuilles de vignes ( en grec dolmas ou yaprakes dans la langue de Cervantes)….     

Grand seigneur je multipliais même les pains.

Mon épouse apporta sa touche personnelle en nous gratifiant de foie haché ou de gâteaux au fromage, nous priant instamment de ne jamais réclamer de carpe farcie.

Et savez-vous ce qu’elles ont dit les filles ?

« C’est quand qu’on va chez Mac Do?  »   







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