Ode à l’Ado

26012013

Bon je prOde à l'Ado dans Les Pafitudes k59802621-143x1501écise pour ceux qui auraient un zeste de doute, que ce titre est un « joke ».

Entendons-nous bien : je me suis détesté en ado soixante-huitard, découvrant subitement Lennon et les Who, les cheveux longs à la « Grand Duduche en couverture de Pilote » et la politique en version originale «  ! ! Hô Chi Minh ! Che ! Che ! Guevara ! », cocktail indigeste à consommer de préférence avec de la version grecque sous titrée par les Éditions Hatier. Je n’ai eu d’amour pour le latin et le grec que lorsqu’il était question de sexe. Merci Montherlant pour le Satyricon de Pétrone, merci à Suétone pour ses Douze Césars.

Oui la chose était dans les livres ou dans les revues mais sûrement pas dans les pages pudiques de Lagarde et Michard. La drague s’avérait difficile car il fallait un permis de « chasse » délivré par le cercle des copains de celui qui a eu son permis moto avant tout le monde. On se contentait de quelques bises comme on reçoit l’aumône, en espérant que Patrick et Jean-Michel nous inviteraient à leurs surboums.

Je peux fournir une version actualisée en changeant les prénoms style Brandon, Dylan, Ryan, sans oublier Britney, Brenda et Jennyfer…..le schéma demeure le même, comme aiment à le dire les psychiatres.

Donc cette traversée du désert Lycéen devint rapidement le chemin du calvaire.

A cet instant on se fait une promesse : »Moi, si un jour j’ai des enfants, leur adolescence sera aussi agréable qu’une traversée de Paris la nuit, en Bentley, sans passer par la case Treizième pilier du Tunnel du Pont de l’Alma, cela va sans dire. »

Eh bien mon gars t’as pas fini de couler si tu continues à naviguer sur l’Océan des illusions !!!

Quand on va chercher la prunelle de ses yeux à la sortie de la maternelle, on est à mille lieux d’imaginer qu’un jour l’engin va devenir incontrôlable ; une fille qui entre dans l’adolescence c’est une grenade dégoupillée. J’imagine le bonheur contenu de ceux qui ont un brelan de girls dans leur jeu.

Bien sur on a tous droit, nous les parents ingrats, à cette remarque frappée du bon sens, lorsque, une fois la côte d’alerte atteinte, vous lui expliquez qu’elle est stupide : » c’est normal j’suis ta fille, j’te ressemble ».

Et encore je n’arrive pas à écrire aussi vite qu’elle cause…car cette génération ne sait pas ce que veut dire articuler : elle veut monter sur les planches pour faire du stand-up ou du rap,
mais elle oublie qu’on ne cuisine pas son texte comme un steak haché !

La complicité « père-fille » est là, certes, mais elle se manifeste surtout en deux périodes : celle des évals ou des examens et celle des soldes, ces derniers durant approximativement huit mois sur douze.

On s’éloigne de plus en plus du monde merveilleux de Walt Disney, pour entrer dans celui des apprenties « fashion victims ». C’est le moment où elles choisissent de prendre possession de toutes les pièces de la maison où l’on peut trouver cet objet incroyable qu’on appelle miroir.

Ah j’oubliais un détail : ne jamais se trouver à plus d’un mètre du smartphone; si tu perds le fil ininterrompu des sms t’es mort.

Parfois je dois ressortir un vieux masque à gaz, souvenir du camp du Larzac pour éviter de suffoquer sous les effluves des litres de Fame, le parfum de Lady Gaga que les copines ont littéralement déversé dans leur sac à main. Parfum d’ados n’a jamais été un bon titre de film.

N’essayez pas d’avoir le code qui donne accès à son univers vous n’y arriverez pas.

 » Wesh là les gens ! c’est privé. Il est trop grave mon daron. Je kiffe comme ma reum elle l’a cassé. Déjà, je trouve chelou qu’elle taffe un max, mesquina, et que lui c’est le mito qui se tape l’incruste. Mais je gère et je le vire de ma werss… »

Elle se construit sa personnalité, se cherche, dans les galeries marchandes ou les sites de mode : elle découvre la sociologie sans le savoir comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

De temps à autres, elle balance des « like » sur Facebook mais refuse d’aimer cette espèce mystérieuse qu’on appelle le légume.

Mon univers, nostalgique et désuet où se croisent les fantômes de Claude Santelli, Truffaut, Melville, Sartre ou Raymond Aron sont à ses yeux un labyrinthe culturel où elle refuse de s’aventurer. Pas de presse « papier » dans ce capharnaüm dantesque qu’on appelle aussi chambre ou bordel, c’est selon.

J’attends ce moment magique où elle découvrira les vertus du fer à repasser, et la ronde infernale et pourtant si romantique des tâches ménagères. Il y a un moment pour tout me direz-vous : cela est vrai et je dois concéder que je vois parfois poindre la future femme qu’elle deviendra un jour.

Si par hasard mon regard croise, de façon un peu trop appuyée, celui d’une jeune personne que je connais et que je salue tendrement, un écho sans pitié arrive dans mon dos et répéte :       » Quelle conne celle-la; tu ne vois pas que c’est une aguicheuse ! » Possessive et jalouse la tigresse teste ses premières griffes sur le premier homme venu : son père.

Mais ce que tu ignores ma chérie, c’est que moi, Lepaf, je suis un éternel ado…lol !!!!




Le cerfa de l’Apocalypse

3122012

Le 1er décembre 2012, les renseignements français sont exceptionnellement informés par leurs homologues américains d’une très forte probabilité de choc entre notre planète bleue et une météorite ayant Le cerfa de l'Apocalypse equestre-apocalypse_k94597741-150x150pris selon les plus pudiques la forme d’une saucisse géante ou pour les plus libertins d’un sextoy flanqué de deux boules de pétanque, le descriptif étant laissé à l’appréciation des survivants.

Certains avaient espéré que le destin leur aurait réservé un bouquet final d’une autre nature, mais les menus des catastrophes naturelles ne sont pas étoilés au Michelin. Par comble de malchance, calculé à 100 mètres près, l’impact se situerait quai de Bercy. Bref, le jour tant redouté allait faire basculer l’hexagone dans le côté sombre de la vie engloutissant d’un seul coup les caves bordelaises et la rue Saint-Denis.

Et c’est là que l’expression être français prend toute sa dimension cosmique. Nous possédons en nos murs un trésor à faire pâlir Indiana Jones lui-même, une institution qui fait la fiertéde ce pays et sa renommée à l’étranger : c’est notre administration. Toujours prête à rendre une situation plus dramatique qu’elle l’était au départ

Dans le sous-sol d’un ministère un fonctionnaire zélé et appliqué recommande à tous les leviers de cette machine magique de lui faire parvenir le formulaire Cerfa Intitulé « Fin du Monde » et de vérifier que tous les citoyens soient à jour…

Pour ceux qui errent dans les faubourgs de l’ignorance le sigle est ici celui du Centre d’Enregistrement et de Révision des Formulaires Administratifs. La quête du bon formulaire n’est-elle pas le Saint- Graal de tout rond de cuir comme ces polyvalents qui hurlent à la mort sur les toits de Bercy les soirs de pleine lune….. »Des sous, des souuuuuuuuuuuus » comme le disait si bien le regretté Raymond Devos.

Ainsi fut-il envoyé à nos compatriotes des millions de mails, et sms leur enjoignant de se mettre à jour de leurs impôts, droits et taxes, de leurs cotisations urssaf, retraite et assedic, de leurs factures de téléphone, de gaz et d’electricité, de régler les P.V., et les droits d’héritage, etc…tout absolument tout y passa.

Oui on allait tous mourir, mais on serait tous en règle.

Eh bien ! mon cher et vieux pays, nous voici donc ensemble, encore une fois,  face à une lourde épreuve…Oui je sais c’est facile de puiser dans l’arsenal des citations du Général, mais je n’ai pas trouvé de meilleure façon pour dire à mes concitoyens de faire cet effort surhumain qui consiste à ouvrir un dictionnaire et d’en extraire la définition du mot pragmatisme.

A l’instar des animaux de La fontaine qui sont malades de la Peste, la France est atteinte du syndrôme du cerfa. Si on continue sur cette route on frisera  l’apoalypse.

Ce texte est écrit en mémoire de ce crétin de banquier qui refusa jadis d’ouvrir un compte en banque à un gagnant de feu la Loterie Nationale….

Posté par backtobac le 3 décembre 2012.




Belle Des Champs….

16072012

Belle Des Champs.... k08765121-150x112Tu quittes nos blancs et bleus rivages
Tu t’en vas te promener, Didier Deschamps
Il dort en Suisse , il est crémeux ton fromage
Dis, donne-nous en un peu, Didier Deschamps

 

 

Dis, tu nous en donnes, dis ? Oh oui, donne-nous-en
Donne, putain, dis,  Didier Deschamps
Vé, donne-nous un peu de ton oseille
Le   monde l’aime tant et tant,  ta jolie paye.

Nous sommes tout pantelants,
Didier Deschamps,  Didier Deschamps
De te voir goûter du bleu
Tu vas vraiment kiffer, tu seras plus heureux.

Nous, on est prêts à tous les dérapages
Depuis le temps, à Marseille on s’angasse
Demande à Samir  et à Franck de t’écrire des pages
C’est Zola et Musset au pays des pétasses.

Nous aimerions te voir tourner la page
Et hausser le ton d’un cran,  Didier des Champs
Parce que tout ce barnum n’est pas très sage
Tu as du pain sur la planche  Didier Deschamps.




Jésus ? Back in the charts !!!

15052012

 Jésus ? Back in the charts !!! k05489371-113x150 C’est en re – visionnant le film de Mel Brooks, La Folle Histoire du monde et son générique de fin, où l’on découvre les Rabbins dans l’espace, que j’ai souhaité éclairer d’un jour nouveau la vie de celui que l’on qualifie de fils de D.ieu, de prophète : Jésus, Yoshua, ou Îsâ .

Tout commença, par une pirouette du destin, avec une interrogation : on se souviendra que les questions, celles du sage, de l’enfant, de l’impie, et de celui qui ne sait même pas questionner sont au coeur du repas de la Pâque juive, le séder, qui fut également le dernier dîner du Christ .
 
Me voilà intronisé Paf, diplômé es problèmes de cœur, master en crise d’ado et docteur en théologie de comptoir…
Ma fille réfléchit un instant et me pose «sa» question.
 
- Et Jésus ?
- Quoi Jésus ?
- Crois-tu qu’aujourd’hui, on en parlerait comme d’un «people » ?
- Jésus on The red carpet , Jésus à la une de Forbes ?
 
Et pourquoi pas ?
 
Regarde plutôt cette vidéo You Tube que j’ai trouvée sur la toile.
 
Wembley Stadium 07 04 0022 After J.C.
 
« I said a hip hop the hippie the hippie
to the hiphip hop, a you dont stop
the rock it to the bang bang boogie say up jumped the boogie
to the rhythm of the boogie, the beat
now what you hearis not a test–i’m rappin to the beat
and me, the groove, and my friends aregonna try to move your feet
see i am wonder mike and i like to say hello
to the black, to the white, the red, and the brown, the purple and yellow
 
To the ashkenazi or the sephardi,
 
 Especially for the pretentious sarfati
 
To the shameful man who married a goy
 
To the mother who cry cause your fucking life go to pitchi-poy.
 
but first i gotta bang bang the boogie to the boogie »
 
David Guetta prit Paul à part dans les coulisses…
 
- Tu as vu…non mais franchement, est-ce que tu as vu ça ? Wembley à guichets fermés, pour l‘Indépendance Day. J’ai bien fait de «Le» faire sortir de Palestine.
 
- Oui espérons qu’il n’empruntera pas le même chemin, que Mike Brant
 
- Non ne t’inquiète pas j’ai vérifié toutes les fenêtres et les appliques électriques de la salle de bain du Penthouse …crois moi Rapper’s Delight réorchestré ça va les clouer !
 
- On aurait pu orientaliser un peu, analysa Mathieu…un luth par ci , une derbouka par là; et du violon aussi ….j’aime bien le Violon ça me rappelle Juan les Pins.
 
- En tous cas moi ça me lève une épine du pied remarqua Judas
 
- Peut-être mais j’ai comme l’impression qu’on est passé à côté de quelque chose, semblait regretter Pierre….je vais redevenir Simon : passer de St Pierre à St Simon, il y a de quoi en perdre la mémoire !!
 
- Je trouve, expliqua Philippe, que c’est moins tendu qu’au Carreau Du Temple. C’est quand même incroyable ce réflexe qu’ «Il» a de chasser les commerçants, les grossistes chaque fois qu’il entend le mot temple…c’est bien simple même les chinois il les a fait partir à Aubervilliers.
 
- Par contre faudra revoir son look expliqua Jacques. La tunique Dolce avec les Loboutin ça jure un peu, non ?
 
- Qui se souvient de son audition pour la comédie musicale de Dov Attia, Jésus et les Subprimes ? Pas assez ressemblant …ils l’avaient trouvé pas ressemblant. Ce jour là il est parti se calmer en marchant sur la Seine.
 
- Qu’est-ce qu’il aurait fait à Tibériade ? Renchérit (j’aime bien ce verbe) David Guetta. La multiplication des pains ? Hein c’est ça ? Et ça lui rapporte quoi ? Wallou !!! Dan Brown et moi on fait du blé et la messe est dite.
 
- Grave ! J’avoue ! fit Judas Il faut faire pisser le cash flow même si c’est en trahissant nos principes comme je l’expliquai l’autre jour à Pilate…
 
- Pardonne nous Judas, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont enfoncé…nous n’avons pas tout saisi …tu disais quoi ?
 
- Je quitte le fitness pour le pilate…
 
 
Mathieu se souvint d’une histoire qui lui fut contée, par un collègue, fonctionnaire du fisc, comme lui, car les apôtres, dont certains étaient pêcheurs, avaient le chômage et les pages saumon du Figaro, en horreur, comme aurait pu l’écrire Flavius Josèphe, historien dont les textes fleuraient bon la shawarma, le falafel, la pita et l’arôme antique.
 
- C’était le grand jour pour Yoshua : 13 ans l’âge de la Bar Mitzva.
 
« Joseph et Marie avait fait la route de Bethléem à Jérusalem, tout en réfléchissant aux mille et un détails qui font la réussite d’une fête : la salle, le traiteur, la vidéo, l’orchestre, les dragées…et même Rachel la nièce à tata Fortunée qui avait prévu de chanter un titre de Gloria Gaynor et un de Larusso avant la pièce montée.
 
- Et là après l’office le petit nous fait une Copperfield…
 
- Une quoi ? Firent les apôtres
 
- Une Copperfield…il a disparu…Lost
 
- En fait il était parti discuter avec les docteurs du Temple.
 
- Oh l’autre… le bouffon !!! Il s’est pris la tête dans les lames du Gillette
 
Cette curieuse remarque de ma deuxième fille, m’ouvre les chemins de la conclusion .
 
Épilogue.
 
Le problème de ces articles, c’est qu’à force de revisiter le passé on peut se faire prendre à son propre jeu.
C’est ainsi que le principal du collège m’envoya une missive dont la teneur ne laissait aucun doute sur la portée ravageuse de mes égarements.
 
Je vous la livre dans son intégralité.
 
Cher Monsieur
Nous apprécions que vous ayez souhaité partager votre passion de l’histoire avec vos enfants et que vous participiez à la construction de l’édifice culturel de votre progéniture.
Toutefois nous vous serions reconnaissant de veiller à l’avenir à ne pas vous laisser entraîner dans des voyages en terre inconnue.
Nous vous rappelons ;
 
Que Jésus n’a jamais eu de compte Twitter, car si tel était le cas ce ne serait qu’un fake et que par conséquent il n’a pas pu écrire : « @Néron, ce soir on te met le feu »
 
Que ni le Gign ni le Raid ne sont intervenus pour l’interpeller à Jérusalem.
 
Que le cirque Maxime de Rome n’était pas géré par les Bougliones et que les courses de chars n’ont jamais utilisé la technologie Pirelli.
 
Que O Golgotha n’a jamais été le nom d’un spectacle scandaleux des années 70.
 
Que Lesieur n’est pas le sponsor officiel du Mont des Oliviers.
 
Que Barbie et Ken ne figurent pas sur la Cène de Leonard de Vinci.
 
Que les apôtres n’ont jamais foulé la pelouse du stade Santiago Bernabeu de Madrid.
 
Que Megève et Courchevel ne sont pas des stations du Chemin de Croix.
 
Que l’Eucharistie et la catéchèse malgré le malheureux épisode Daniélou, n’ont aucun point commun avec l’épectase; ultime bonheur du Président Félix Faure .
 
Recevez cher Monsieur, nos salutations et nos conseils relatifs à la consultation d’un spécialiste des maladies neuro -psychiatriques.
 
Le principal



Breaking News…

25042012

 Breaking News... dans Once upon a time k74540391-150x123    Au cours des dernières fêtes de Pâques, (Easters ou Passover pour mes 2 lecteurs anglo-saxons) les parents, hommes et femmes de bonne volonté, ont tenté d’expliquer à des enfants pas toujours très réceptifs, inattention sans doute décuplée par la prise de ce narcotique si puissant qu’on appelle le pain azyme, la signification d’une traversée du désert ou d’un chemin de croix, célébrées avec leurs cortèges de rites et de traditions.

Et l’on reste parfois sans voix devant certaines remarques frappées du bon sens.

 - Papa, est-ce que CNN et Sky News ont fait une édition spéciale pour la sortie d’Égypte ?

-De quoi ?????? !!!! Mais est-ce que tu réalises l’absurdité de ta question!!! Et après on s’étonne de vos lacunes historiques . C’est pire que ça : c’est du délire.

- Je tiens à te rappeler mon papounet d’amour, au caractère imprévisible et hypocondriaque , que ce n’est pas moi qui met les programmes scolaires dans une centrifugeuse pour en faire un jus infect, solution sans saveur, juste bonne à nous faire perdre le nord.

 Attends !!! Je vais t’en donner des repères et des points cardinaux, moi.

 En fait depuis la couverture totale de la vallée des rois par Orascom Telecom et Mobinil, Moise et Ramsès, avaient acheté, place Tahrir, deux smartphones, ce qui leur permettait de communiquer plus facilement, durant la visite de ces chantiers modernes que nous appelons aujourd’hui fouilles archéologiques.

Quand tu songes que ces gars ont vendu des pyramides clefs en mains, à des dynasties ou ont présenté des maquettes de sex-toys à l’épouse de Toutankhamon en les baptisant du sobre nom d’obélisque.

Il faut dire qu’elle avait plus d’appétit qu’un barracuda….Bar – Ra – Cu – Da.

Mais mon esprit s’égare…

 Ramsès, avait fière allure sur son char, où l’on pouvait lire d’un côté, en vert et en 3D, «Fly Emirates» et de l’autre «Costa Croisières, vous n’en reviendrez pas !! » . Bref tout allait pour le mieux au pays d’Isis, d’Osiris et de toutes ces déesses qui portent des noms en «oris» , s’il n’y avait eu la famille.

 L’éternel avait dit à Aaron : parle à Moise et dit lui de faire des hébreux des hommes libres.

Les deux frères avaient pris l’habitude de se retrouver discrètement autour d’un tapis vert le jeudi soir car le vendredi Aaron mangeait le couscous chez sa mère, et ça c’est « azoy » comme aimait à le dire ma belle mère qui ne comprenait pas que rencontrer le même jour, sa future épouse et une carpe farcie, pour un sépharade, c’est au dessus de ses forces.

 Moise ne voulait pas se quereller avec Ramsès, mais Aaron insista à un point tel qu’un texto maladroit fut rédigé en anglais :« Let my people go». Ce à quoi Ramsès répondit..«si tu traverses la mer sans te mouiller je me fais circoncire.»

Le tout étant suivi d’un visage et d’un livre barrés d’une croix.

 - J’ai du mal à comprendre ces textoglyphes fit Aaron

 - Je ne suis plus son ami sur Facebook regretta Moise.

 Aaron regarda son miraculé de frangin droit dans les yeux et lui dit: « Prend ton quad, va dans le désert, trouve toi une femme, fonde une famille et essaie de décrocher un speed dating avec D.ieu »

 - Dis moi Aaron, la vérité, tu es prêt à jouer la marieuse comme cette tarée de Marlène Boutboul ou tu te sens une âme de love coach ? Dans le désert ?? Qu’est-ce que tu veux que j’aille foutre dans le désert ?

 - Quand t’es dans le désert
Depuis trop longtemps
Tu t’demandes à qui ça sert
Toutes les règles un peu truquées
Du jeu qu’on veut t’faire jouer Les yeux bandés

 - Mais Ramsès est mon frère, je suis le ying il est le yang, je suis Paul il est Virginie, il est Goliath et je serai toujours Lévi…

 - Ramsès ? Ouvre les yeux Moise …Avant c’était ton frère….mais ça c’était avant !!!

 D.ieu fit ses recommandations à Moise :« Tout se joue sur un instant. Choisis donc bien le moment propice pour bluffer ton adversaire »

 - comme au poker ?

 - « oui mais il faudra être « max au flop » et surtout essaie de le faire au moment du journal de 20 heures…Ah j’oubliais le principal, j’ai prévu de faire un truc de ouf sur l’île de Santorin. Si mes calculs sont bons l’éruption volcanique, doit générer un méga raz de marée avec des conséquences incroyables : famine, grêle, sang, sauterelles, ténèbres et le clou du spectacle … »

 - C’est plus l’Egypte…c’est Las vegas.

 - La mer va se retirer après le tsunami :débrouille toi pour leur faire croire que tu fais ça avec ton bâton et essaie d’être synchro avec moi.

 - Et c’est tout ?

 - Oui c’est tout pour le moment et tu peux remettre tes crocs en sortant.

 Et la mère de Moise me direz-vous ? Yokhebed, car tel était son nom, se demandait quel scorpion avait bien pu piquer son fils pour qu’il s’acoquine avec cette parfumeuse de Sephora, meskina, qu’elle est même pas de chez nous. Alors qu’elle avait tout fait pour assurer un brillant avenir à son fils en l’inscrivant à la prestigieuse Louxor Very Middle -East High school….plus connue sous le nom de LVMH.

 Dire que cet abruti passait des heures entières à parler théologie avec un buisson.

 Moise retourna en Égypte, regardant une dernière fois le Mont Sinaï où l’éternel avait fait écrire au stabylo : « Hope to see you soon in the Holly land ».

 Dans le dédale des couloirs qui menaient à la salle du trône Moise remarqua de nouvelles divinités.

- Ramsés a changé la déco ? Qui sont ces Dieux demanda-t-il au garde ?

- Messi, Ronaldo et Benzema lui fut-il répondu…depuis votre départ le patron s’est pris d’affection pour les arts ibériques.

 Ramsès reçut Moise qui lui fit le coup du bâton qui se transforme en serpent.

 Écoute Moise, j’ai eu une journée épuisante…

 Ma femm’a niqué mon char

En se prenant un autocar

Sur la route de Memphis,
Sur la route de Memphis.

Mon Harem me tue la nuit

Du Cair’à Alexandrie

Sur la route de Memphis,
Sur la route de Memphis

Je viens vers toi dans une tunique blanche

Avec un couteau bien caché dans la manche…

Et toi, la goutte d’eau qui fait déborder le Nil, tu viens me gonfler avec ton cobra anorexique alors que tu sais que je souffre d’ophidiophobie…mais t’es un malade mec !!!

 Et c’est ainsi que Moise et l’Éternel firent pleuvoir sur l’Égypte ces fameuses plaies dont nous parlent les écritures, livrées comme il se doit avec les shows d’ Ophrah Winfrey, Larry King et David Letterman, passage obligé pour avoir son heure de gloire sur cette terre.

 Pharaon qui n’avait pourtant aucun point commun avec Adriana Karembeu fut pris de compassion devant la douleur de son peuple et céda à la volonté de Moise.

 - Va où tu veux ! Partez toi et ton peuple ! Gère ton exode avec Pippa Middleton si ça te chante mais disparais de ma vue avant que je ne change d’avis.

 Comme prévu la mer se retira et les hébreux purent enfin découvrir les saines joies des clubs de vacances à Eilat et Charm el Sheikh.

 Ramsès qui réalisa que laisser partir cette main d’œuvre étrangère serait préjudiciable pour son économie , à l’expansion pyramidale, revint sur sa décision.

 Hélas, il comprit un peu tard que lorsqu’on perd les eaux l‘accouchement n‘en est pas terminé pour autant. Aussi, dut-il se résoudre à voir sa cavalerie se métamorphoser en plongeurs de la Royale. C’est à cette occasion que fut créée l’infanterie de marine.

 Pour canaliser les ardeurs de son peuple, qui commençait à s’ennuyer ferme, Moise prit le chemin du Mont Sinaï afin que D.ieu lui remette les Tables de La Loi. Mais à son retour il apprit que quelques uns dont je tairai les noms parce que je suis pas une balance, s’étaient livrés à des bacchanales en créant un Veau d’or.

Ne pouvant plus contenir sa légendaire colère, il convoqua son frère ainsi que le DRH de La tribu de Lévi pour un brain storming .

- Aaron peux-tu m’expliquer pourquoi c’est toujours au moment où je quitte une soirée, que les filles se libèrent et que l’atmosphère devient torride ? Puis que c’est comme ça, je brise les tables…

- Eh ben t’as pas changé ….tu nous faisais déjà le coup à Myriam et à moi quand t’étais petit.

 Moise retourna voir le tout puissant qui lui remit deux nouvelles tablettes, tactiles celles-là, en lui expliquant qu’il y avait autant d’applications que de bénédictions.

 Voilà ma fille la prochaine fois que tu souhaiteras entendre un cours d’histoire digne de ce nom demande le à ton père. 




Triple C….

23122011

Les faits que je m’en vais vous conter remontent à ces temps post-messsianiques, où l’hexagone tremblait sous les sermons vitriolés de l’Oncle Sam et des inquisiteurs des agences de notation….Triple C.... dans Les Pafitudes jba08821

On avait bien tenté d’expliquer au bon peuple, avec moult pédagogie, que ces crétins se plantaient une fois sur deux dans leurs sentences et que les U.S.A. continuaient à emprunter à des taux défiant toute concurrence sur tous les marchés de la planète malgré leur triple Mac, avec ketchup, coulis de framboise et harissa : rien n’y fit.

Et voilà-t-y pas que, se piquant au jeu, après avoir dégradé tout ce qui leur tombait sous la main : assurances, banques, communes, régions, villes, les maîtres-chanteurs voulurent étendre davantage leur champ d’investigation.  

Ayant confondu les séries de Bruckeimer avec un container de Budweiser, les yankees déclarèrent haut et fort :

 » Que personne ne bouge, la Gaule est une scène de crime ».

Ils lâchèrent leur venin sur les Trois Mousquetaires, ignorant que, malgré d’Artagnan, Athos, Porthos, et Aramis ne formaient qu’un trio.  VGE, immortel estampié « Président, on ne plaisante jamais avec le plaisir » sortant quelque peu larmoyant, des brumes soufrées de Vulcania,  se précipita au devant de la presse :  » Que l’on massacre ainsi notre litterature, croyez moi mes amis, ça me fait quelque chose ». 

Puis vinrent les Trois Suisses, les Trois Baudets, les Trois Glorieuses, les Trois Grâces et le dernier étage de la Tour Eiffel.

La France perdit même sa Fraternité : tjo00031 dans Les Pafitudes

« Délestée de son argent passe encore mais de sa devise, c’est de la République Low coast  !!!! » se serait écriée  Marianne, en serrant sur son sein le PDG de Standard and Poors…  

Mais que pouvions nous attendre de mieux de leur part ? Ils avaient eu raison de la Grèce, de sa culture, de sa langue et de tous ses esprits….les rudes et les doux. 

Julia Chanel et Clara Morgane perdirent elles aussi leur triple-X….et le Sofitel de la rue Saint-Denis son triple Q.

Je vous ne le répèterai jamais assez :  » Hey ! what did you expect ? «  

Pourtant les as de la correction se sentaient frustrés : la Hongrie, l’Albanie, les Fidji, tout cela c’est du menu fretin. Il nous faut, pensaient-ils une cible digne de nous.

Quelques mois plus tard le nonce apostolique à Washington reçut un mysterieux émissaire. Le prélat, prit les devants en ces termes :

- Le Saint-Siège refusera  d’apporter sa caution à Mattel tant que Barbie et Ken ne seront pas officiellement mariés selon les lois de notre Sainte-Mère l’Eglise ( à 48 km d’Omaha Beach)  

- Pardonnez-moi Votre Emminence, il y a méprise…moi je viens pour la note..Les agences vont vous dégrader….euh…pour ce qui est de Ken et Barbie, laissez tomber, ils font Pessah à Las Vegas, entre deux parties de poker.    

- Vous aller outrager la Basilique Saint-Pierre de Rome, mon fils ? Ce n’est pas serieux !

x105169391- Non je vous rassure….nous on dégrade juste la Sainte-Trinité. Désormais ce sera au nom du Père et du Fils… 

Bon, je vous l’accorde, je pousse, certes, le bouchon un peu loin. En revanche, la question que je veux poser est celle-ci : jusqu’où les laissera-t-on aller ?

Les experts me répondront que les agences ne sont que des voyants lumineux témoins d’une situation qui se dégrade : elles clignotent dans les cas d’urgence.

Mais comme je suis naif, je forme le voeu qu’un jour, quelqu’un ou quelqu’une, se lèvera pour poser un silence pesant sur leurs partitions, et que résonnent leurs derniers soupirs. 




La cophose…

10122011

 

La cophose... dans Les Pafitudes ero1x02111-125x150

L’histoire débute un jour de février 1960, à Marseille sous le préau de l’école communale de la rue des Convalescents, la bien nommée.  

Durant plusieurs semaines, je fais le siège de ma mère pour qu’elle ne me sépare pas d’un cousin, d’un mois mon ainé. Cette insistance à vouloir prendre le chemin des écoliers fut récompensée, même si mes parents ne voyaient pas trop ce que cette scolarité jugée précoce à l’époque, pouvait m’apporter vu que je savais déjà lire, écrire et compter.  

L’aventure dura l’espace d’un carnaval et me conforta dans cette première impression que l’on qualifie d’essentielle, selon laquelle les études et moi n’avions pas d’atomes crochus; il faudra tout de même attendre 1977 pour s’en convaincre de façon définitive.   

 A défaut de ramener un quelconque savoir, les deux bambins futés que nous étions firent une moisson commune en s’appropriant les oreillons. Dans un quartier rendu célèbre par l’épidémie de Peste de 1720, nous ne pouvions pas faire moins. Nous fûmes touchés l’un après l’autre et soignés de façon identique, par notre docteur de famille : papa pour l’un, tonton pour l’autre.

Quelque mois plus tard je fis mon entrée au Petit Lycée Perier, établissement où l’on gravissait les échelons de la 11ème à la 7ème.     

Il y aurait beaucoup à raconter sur cette pèriode, où les institutrices avaient l’esprit à Phocée et le coeur qui battait pour un fils à Constantine, Alger ou Oran, angoissées par ce qu’on appelait pudiquement les évènements d’Algérie.

Ce qui par ailleurs n’en dédouanait pas certaines, et notamment deux enseignantes de CM.2, coupable à mes yeux d’une attitude violente envers les enfants, qui aujourd’hui serait passible des tribunaux. La gifle avait été élevée à la hauteur d’une institution avec la complicité d’un pitoyable directeur.

C’est justement ma mère qui la première prit l’initiative de faire savoir à nombre de professeurs qu’au mieux ils se retrouveraient au commissariat de police et au pire….el là elle avait le chic pour faire comprendre que l’on connaissait « du monde » dans toutes les classes de la société. La résistance ça crée des liens. ero1x0181-150x96 dans Les Pafitudes

Mais quittons un instant la Méditerranée pour les hauteurs régénératrices du Tyrol Autrichien. Nous passons nos étés à randonner dans les montagnes et la consigne de la cordée familiale est de ne pas se perdre de vue. Régulièrement je suis pris en défaut et oublie de répondre aux injonctions paternelles. Et j’ai droit au :

- Mais tu es sourd ou quoi : tu n’entends pas quand on t’appelle ? !!!  A force de répeter la question tout un été, on décide de consulter de retour au bercail. Je vais passer un audiogramme. On m’a mis un casque sur  les oreilles et pendant de longues minutes je me demande si papa et maman n’ont pas perdu la raison. Non seulement lls se donnent en spectacle dans le cabinet d’un spécialiste, faisant des mimiques ridicules, et en plus ils ont l’air de m’en vouloir à un point tel que cela ressemble à de la haine. 

La partie est finie. On retire le casque. Et voilà que ça recommence de plus belle :

- Mais tu es sourd ou quoi : tu n’entends pas quand on t’appelle ? !!! 

- Non madame, non monsieur..il ne vous entendait pas.

Le spécialiste reprend la main. Il va lui falloir beaucoup de tact pour leur expliquer que leur fils est à moitié sourd.

- Oui mais de nos jours on opère les problèmes du tympan, interroge ma mère.

- Le tympan oui…pas le nerf auditif…votre fils a une cophose de l’oreille gauche et ça ne lui empêchera pas de réussir sa vie.

J’ai deux poissons en face de moi, deux dorades immobiles, la bouche ouverte dans un aquarium : c’est la seule image qui me reste de cette terrible journée. Pour eux la réussite a quitté ma route pour toujours.

Ilero1x0011-140x150 faudra donc apprivoiser cette oreille, s’en méfier aux passages cloutés, l’expliquer aux maîtresses incultes, aux deux ou trois psychologues que me cataloguérent comme « trisomique » et maîtriser une prouesse technologique que je ne comprends pas : la stéréo.

Il fallait aussi serrer les dents quand les adultes parlaient entre eux et que l’on entendait : » tu peux parler normalement il est sourd comme un pot »

Pour moi il n’y a qu’un monde celui de la droite et la gauche n’existe pas : pire je ne sais même pas faire la différence entre les deux directions au grand désarroi de mes moniteurs d’auto-école. Qu’à cela ne tienne je visualiserai une rue de mon enfance à La Ciotat : le côté du portail vert de la villa Thérèse c’est la droite, à gauche c’est la grande bleue !    

En 1969 mon frère, qui est officier dans les forces françaises d’ocupation en Allemagne me fait découvrir d’incroyables trente trois tours, importés d’Angleterre  : la collection  Decca « Phase 4″ stéréo. On peut y entendre la reconstitution sonore des grands batailles de l’Histoire : la guerre d ‘Indépendance US, celles de Napoléon , la guerre de sécession, 39-45 et la voix de Churchill. La cavalerie charge et le galop des chevaux passe des enceintes de droite à celle de gauche….la révélation !!! 

Le 18 décembre 1976 c’est le conseil de révision : trois jours à Tarascon. J’arrive avec mes courbes et mes graphiques sous le bras. Mon père optimiste, cherche avec l’appui d’un président du conseil général, une caserne pas trop éloignée du domicile familial. L’othorino, médecin militaire se méfie de mes documents et veut se faire une idée par lui-même : il balance toute la sauce dans l’oreille gauche; je reste impassible.

L’officier recruteur me reçoit pendant une minute :ero1x0111-150x143

- Une cophose ? C’est l’exemption assurée…au pire vous ferez la guerre dans les bureaux. 

Le jour de mon mariage quelqu’un oublia de parler plus bas…  

-  Il  en a eu de la chance finalement de se trouver une épouse aussi jolie : se marier à 40 ans quand on est gros et sourd…

- Et si ça se trouve il l’est complètement… tu sais ce qu’on dit : « Ca rend sourd »         




Le Légume

4122011

bxp279551.jpg Lorsque nous fûmes reçus, parents et bébé, en consultation de pédiatrie par l’un des médecins de l’hôpital des Diaconesses à Paris, le regard glacial et réprobateur qu’elle nous jeta ne laissait rien présager de bon.

- Savez-vous qu’avec les légumes ont peut faire des soupes et de délicieuses purées ? C’est mieux que les petits pots !

C’était à l’occasion de la visite des neuf mois et ce jour là une épée de Damoclès s’installa au dessus de nos têtes. Le praticien nous fit redécouvrir un sentiment inconsciemment camouflé : la culpabilité.

En principe votre belle-mère, parfois votre mère, excelle dans ce registre. Mais la sentence venant d’une femme dont le jugement et le diagnostic faisaient autorité, nous aurions aimé nous cacher derrière le maxi-cosi.

On ressortit le robot Kenwood et la clipso que l’on avait eu la sagesse d’inscrire sur la liste de mariage sans oublier d’acheter quelques magnifiques spécimens de liliacées (poireaux), de cucurbitacées (courgettes), d’apiacées (carottes), de solanacées ( des patates !) etc….    

C’est ainsi que le plaisir de la cuisine, que j’avais enfoui un temps pour des raisons hypocaloriques, se réveilla. ispi0390121.jpg

Le méditerranéen que je suis, se mit à jouer des saveurs du Bosphore et de l’Afrique du Nord, comme d’autres se pâment devant le son de l’aoud et de la darbouka.

Le cumin, le paprika, le raz-el-hanout, la cannelle, la coriandre, s’invitaient à ma table, donnant à ma partition des notes épicées, sans oublier de faire chanter l’aneth, la ciboulette ou le persil.

Riche des traditions familiales je célébrais les noces de la pomme de terre et de l’épinard (esfongos), de l’aubergine et de la féta.

On allait de Salonique à Constantinople, de keftés en beureks (borequitas en espagnol), de bimuelos(beignets)  en feuilles de vignes ( en grec dolmas ou yaprakes dans la langue de Cervantes)….     

Grand seigneur je multipliais même les pains.

Mon épouse apporta sa touche personnelle en nous gratifiant de foie haché ou de gâteaux au fromage, nous priant instamment de ne jamais réclamer de carpe farcie.

Et savez-vous ce qu’elles ont dit les filles ?

« C’est quand qu’on va chez Mac Do?  »   




Rien ne presse….

12112011

u115159501.jpg Vers le milieu  des années 60, la presse quotidienne de la région marseillaise est dominée par trois noms : La Marseillaise, organe du P.C.F., le Méridional, qui se positionne à droite et le très « Deferriste » Provençal, héritier du Petit Provençal qui avait péri dans les combats pour la libération de la Marsiale.

Mes parents, marqués par la résistance au sein des F.T.P., avaient pris l’habitude de se faire livrer l’un des quotidiens du maire, à l’aube, entre le sacro-saint café au lait et les biscottes Roger. Ainsi donc le canard passait de pièce en pièce, maltraité par les mains familiales avant d’atterrir dans un état frisant la déchirure, sur mon petit déjeuner. 

- Tiens on l’a terminé, t’as qu’à le lire si tu comprends….se croyaient-ils obligés de préciser, avant d’ajouter à voix basse :

Pense donc, à dix ans, à part Tintin, Pilote et Spirou ….je ne vois pas ce qui peut le fasciner !!!    

J’ai gardé une énorme rancune à l’encontre de chacun des membres de mon clan, devant le mépris qu’ils manifestaient à mon égard et qui, en plus, prenaient mon espace vital pour une des pistes deu243897751.jpg l’aéroport de Marignane.

Et c’est ainsi que je suis devenu un boulimique de l’info, de toutes les infos : de la locale à l’internationale, en passant par le sport, les faits divers et le monde des courses.

Tout m’intéressait : les américains qui se battaient à  Da Nang au Vietnam, Patrice Lumumba et Moise Tshombe au Congo, Souvanna Phouma, prince-ministre du Laos, la guerre Froide, le Moyen-Orient, les Guérinis, parrains du milieu Marseillais, le cinéma de Fellini ou de Clouzot, les Beatles et la bossa nova, Une de Mai et Ozo les juments adulées par les turfistes.

Et cette histoire d’amour dura, jusqu’au point de se faire convoquer dans le bureau du surveillant général du Lycée Perier, Jean Paccini, pour avoir introduit des « journaux politiques » dans un établissement scolaire. 

Mon ami Jean-Philippe tentera en vain de lui expliquer qu’une formation qui joue en 4-3-3 n’est pas une formation politique et que le ticket Skoblar Magnusson ne se présentait pas aux élections… »Fernandel » ne voulait rien savoir et nous confisqua le journal.

On l’aurait bien renvoyé à ses mauresques chez Dédé, le bar d’en face. Deux années plus tard on vendait les premiers numéros de Libération sous son nez…information qu’il se hata de transmettre aux renseignements généraux.   

u264582711.jpg Cela ne nous empêchait pas de lire d’autres periodiques. Pour ma part j’avais porté mon dévolu sur l’édition américaine de Playboy. 

Une fois parvenu à l’université, la lecture du Monde était plus que recommandée, ceux d’entre nous qui la trouvait fade, l’assaisonait des soupçons du Canard Enchaîné. 

Aujourd’hui « Lepaf » supplie, implore ses gazelles de jeter un oeil aux news qu’elles soient sur papiers ou sur écran et pas seulement quand on y reçoit Justin, Brad, Nespresso et les autres.

Hélas, trois fois hélas. Impossible de les captiver avec les taux d’intérêt de la BCE ou les accords de Panmunjom en Corée. 

Alors j’ai ressorti cette phrase enfouie au coeur de mes archives :

        Pierre Lazareff, Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Igor Barrère vous présentent Cinq colonnes à la une,

Moi, au risque de passer pour un nostalgique, pour ce genre de pépites, je me ferai bien chercheur d’or. 




Qu’à fait Grand Mère ?

27102011

pix13881.jpg - Qui frappe à la porte à une heure inappropriée, demanda la fiancée ?

- Sûrement pas ma mère….elle a les clefs de l’appartement ! répondit le jeune homme (ndlr : Elie Kakou dans La vérité si je mens)

A cet instant je serai tenté de dire à la demoiselle : « va et ne te retourne pas ! », » fuis tant qu’il en est encore temps » ,  » quand on se marie, on épouse la famille  » et je pourrais continuer longtemps comme ça, vu que des citations de cet acabit j’en ai tout un container.

Entendons-nous bien je n’ai rien contre le mariage…enfin presque rien.

Mais je voudrais appuyer là où ça fait mal : la découverte du syndrome du Docteur Jekyll and Mister Hyde.

Certes, les grands-parents sont des êtres merveilleux qui s’offrent le luxe de faire avec leurs petits enfants, ce qu’ils n’ont pas toujours pu faire avec leurs propres bouts de chou : leurs donner du temps et, ce qui n’est pas négligeable, de l’affection. 

Combien de fois ai-je entendu des jeunes femmes me dire : » Je ne reconnais pas ma mère : avec moi c’est un iceberg, avec les enfants, c’est un volcan ! »   pix13811.jpg

En revanche, il faut savoir qu’il existe un accord tacite entre les parties qui stipule que les « grands », bien trop contents de laisser leur progéniture chez pappy-mamy, pour se retrouver entre adultes, ferment les yeux sur certains franchissements de ligne jaune.

Ainsi seront tolérés : la crêpe au nutella en overdose, le maquillage outrancier special « Barbie mate Ken », ou le serre tête avec antennes modèle Moulin Rouge; mais en contre-partie l’autorité parentale ne doit pas être remise en cause, ni ses faits et gestes critiqués.    

Ça c’est ce qui devrait se passer sur une planète normale. Mais dans l’univers des pafs, c’est une autre histoire.

Et en quoi est-ce diffèrent ?

Parce que c’est un homme qui est en face !!! (étant acquis que le phénomène des belles-mères « couguar » devrait faire l’objet d’une thèse de doctorat)

Je m’explique ….  

La grand-mère adore donner le biberon mais la belle-mère estime que le lait que le pédiatre vous a recommandé n’est pas le bon; sachant que vous n’y connaissez rien en la matière elle va agir sur le champ, rapide comme l’éclair : elle change votre Nidal pour le Lémiel.

pix13871.jpg Et voilà comment ma fille ressembla rapidement à un dirigeable et que mes voisins me soupçonnèrent de stocker de l’hélium.

Le poupon grandit et la grand-mère verrait bien son adorable petite fille faire de la danse avec les chaussons Repetto et tout et tout….

La maman a argumenté durant des mois pour expliquer que le moment venu, tout en respectant les désirs de sa « fifille » elle opterait pour la meilleure formule.

La grand-mère, qui ne l’entend pas de cette oreille, fera disparaitre votre enfant l’espace d’une journée et reviendra toute fière avec une inscription à la Salle Pleyel. Tu ne t’imaginais tout de même pas qu’elle allait l’inscrire à l’Opéra de Massy-Palaiseau !!!

Et elle ajoute : » Ne t’inquiète pas pour l’argent, je leur ai dit que vous feriez un crédit ».

De l’air vite de l’air j’étouffe.

C’est ainsi qu’elle choisira l’ophtalmo, le cachemire de chez Catimini, l’orthodontiste, les souliers vernis, le cartable, les Nike, le jean Diesel, le portable…et vous conseillera aussi pour le cadeau d’anniversaire de sa fille, parce que la teuf à la Patrick Sabatier, genre Avis de Recherche, ça ne vaut pas la bonne vieille rivière de diamants.

Je crois que je n’ai rien oublié…n’est ce pas maître ? Maître Chemla ? 

- oui mon fils, c’est tout bon …

- J’en ai mis du temps pour comprendre…mais maintenant ça va mieux …j’ai pris un avocat !!! 







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